3- Stratégie d’appel aux actionnaires et de distribution

Hormis le Crédit-bail, les business angels (capital risqueur) ou le prêt bancaire, il y a le financement sur Capitaux propres (CP). C’est ce que l’étude de la structure financière, nous a révélé dans le chapitre précédent.

9.1 Le financement par fonds propres

Il y a un grand nombre de leviers organisés en trois catégories :
• les FONDS PROPRES INTERNES
• l’augmentation de CAPITAL SOCIAL
• ou des SUBVENTIONS D’INVESTISSEMENT provenant de Collectivités ou de l’État.

9.1.1 Par des fonds propres d’origine interne

Fonds propres internes. Les fonds propres découlant de leviers internes (ne dépendant pas de l’accord ou de l’action pas de tierces parties) sont :

• le recours à l’AUTOFINANCEMENT : Autofinancement = CAF − Distributions des dividendes
• La CESSION D’IMMOBILISATIONS
Où :

Rappels. Pour comprendre la définition de « FONDS PROPRES INTERNES » :
Capacité d’autofinancement (CAF) = RÉSULTAT + (DAP – Reprises sur DAP) + les quotes-part des SUBVENTIONS D’INVESTISSEMENT + (VALEUR COMPTABLE des éléments d’Actif cédés – PRODUITS DE CESSION des éléments d’Actif)

Eléments d’actif :

Immobilisations incorporelles : ensemble des biens immatériels dont la valeur repose sur un droit juridique. Exemples : droit au bail, brevets, marques, logiciels, les frais de recherche et développement.
Immobilisations incorporelles : les biens physiques tels que bâtiments, terrains, machines de production et équipement, véhicules achetés.
Immobilisations financières : investissements financiers à long terme dans d’autres entreprises. Majoritairement des prises de participation. Les holdings intègrent leurs filiales via ce mécanisme.

Concrètement, le chef d’entreprise peut vendre du stock dormant, liquider des créances, vendre une filiale, des machines, des logiciels créés par elle, ou encore des brevets… pour augmenter sa CAF.

On constate par ailleurs, que la distribution de dividendes réduit cette même Capacité d’auto-financement.

9.1.2 Par des subventions d’investissement

Subventions d’investissement.

Ce sont des financements attribués par les Collectivités territoriales et l’État. Ils sont assignés au financement des Immobilisations.
De telles subventions sont inscrites aux Capitaux propres et une Quote-part est virée au Compte de Résultat (777) par le débit du Compte 139.

Approfondissements ?

Pour plus d’éclaircissements, utilisez l’excellent site http://www.plancomptable.com du Plan comptable :

– Le compte 139 « Subventions d’investissement inscrites au compte de résultat » est débité par le crédit du compte 777 « Quote-part des subventions d’investissement virée au résultat de l’exercice ».

– Le compte 777 « Quote-part des subventions d’investissement virée au résultat de l’exercice » enregistre, à son crédit, le montant des subventions d’investissement virées au résultat de l’exercice par le débit du compte 139 « Subventions d’investissement inscrites au compte de résultat ».

– Attention, c’est imposable (IS).

9.1.3 Par une augmentation des fonds propres

Trois types d’augmentation. Les trois catégories de leviers sont :
– Les APPORTS EN NUMÉRAIRES (voire en nature) par des personnes physiques ou morales donnent en contrepartie, la remise d’Actions ou de Parts sociales. C’est le seul levier permettant d’apporter de nouvelles ressources à l’entreprise.
– L’INCORPORATION DES RÉSERVES au Capital social ; mais cette opération n’apporte aucune ressource à l’entreprise, car elle donne lieu à une remise d’Actions gratuites, car les réserves appartiennent aux Associés.
–Enfin, la CONVERSION DE CRÉANCES en Capital : proposer à un Fournisseur, au banquier ou à tout autre Créancier (détenteur d’une partie de notre dette) de recevoir des actions (ou Parts sociales) en contrepartie de l’extinction d’une Dette. La conséquence est une modification de la structure financière (CP + D) mais pas un apport de ressources.
Dans la suite du cours, nous étudierons les conditions d’un Apport en numéraire et de l’émission d’Actions.

9.2 L’émission d’actions

Pour émettre des Actions, il faut tenir compte des Conditions préalables d’émission et du DPS.

Conditions préalables à l’émission :

Concernant les nouvelles et les anciennes Actions, les cinq conditions sont les suivantes Les principales conditions sont les suivantes :
– L’AG (Assemblée générale) EXTRAORDINAIRE des actionnaires doit valider la décision d’augmentation du Capital en numéraire,
– La PRIME D’ÉMISSION de l’Action est comprise entre VALEUR RÉELLE actuelle et VALEUR NOMINALE actée,
– La PRIME D’ÉMISSION doit, elle, être entièrement libérée, afin d’éviter la nullité de la décision d’augmentation du capital ou l’application de sanctions pénales,
– Les Actions nouvelles peuvent n’être que partiellement libérées (mises sur le marché),
– mais les Actions précédentes doivent être totalement libérées.

9.2.2 Droit préférentiel de souscription (DPS)

L’émission d’Actions à un prix préférentiel c’est-àdire à un prix inférieur à la valeur réelle entraîne donc automatiquement un baisse du cours moyen de l’Action après l’augmentation du Capital social.

Le DROIT PRÉFÉRENTIEL DE SOUSCRIPTION (DPS) est un droit vénal (commercial) qui permet de compenser la perte de valeur des Actions sur le marché du à l’augmentation du Capital. A chaque Action possédée par un SOUSCRIPTEUR est attaché un DPS.
DPS = Valeur de l’Action avant − Valeur de l’Action après augmentation

Un exemple :

Le DPS sera donc de 55 euros – 53,27 euros = 1,73 euros de DPS.

Il bénéficie aux anciens actionnaires. Et ces derniers ont une période de temps limitée pour vendre ou exercer leurs DPS.
Ainsi, un ancien actionnaire disposant de DPS pourra les exercer pour acheter de nouvelles actions : 49,22 euros divisé par 1,73 euros = 29 DPS.
Avec 29 DPS, l’ancien actionnaire pourra acheter une action vendu 49,22 euros et ayant une valeur nominale de 40 euros.

Remarque : le DPS étant coté, son cours peut varier, en raison du fait que tous les actionnaires anciens ne participent pas nécessairement à l’augmentation de capital et vendent leurs DPS.

9.3 Politique de dividende ou de distribution

La POLITIQUE DE DIVIDENDE ou politique de distribution constitue la première source
de rémunération des actionnaires avant la plus-value lors de la cession.
Définition 9.6 — Politique de distribution des Actions. De manière générale, une politique de dividende doit s’apprécier par rapport à la RENTABILITÉ MARGINALE de l’actif
économique.
Si elle est supérieure au coût moyen pondéré du capital, le CMPC vu précédemment le
DIVIDENDE pourra être faible, voire nul car l’entreprise en réinvestissant ses bénéfices
créera de la valeur.
Dans le cas inverse, il vaut mieux qu’elle distribue tous ses résultats à ses actionnaires.
La formule sera appliquée au Chapitre suivant :
R = C1−C0+D
C0
Où :
C1 : Valeur de l’action à la Date 1 et D : le dividende versé.

9.4 Stratégie d’appel aux actionnaires


Pour faire appel à l’actionnariat, il faut :
– Définir la cible,
– Mettre en place une stratégie de commercialisation.
9.4.1 Typologie des actionnaires
On distingue : — l’actionnaire majoritaire (qui possède plus de 50% des droits de vote),
ou de référence (l’actionnaire possédant la plus grande part) ;
-– l’actionnaire minoritaire (on parle de minorité de blocage lorsqu’ un actionnaire ou groupe
d’actionnaires possède une part suffisante de droits de vote – souvent 33% – pour s’opposer à
toutes les résolutions proposées en assemblée générale extraordinaire)
— l’actionnaire dirigeant (lorsqu’un dirigeant possède des actions)
– Actionnariat salariés – l’actionnaire salarié (lorsqu’un salarié possède des actions) ;
– et les nouveaux actionnaires.
Parmi ceux-ci :
– Actionnariat particulier (petits porteurs). L’actionnariat des particuliers est un actionnariat beaucoup plus stable que ce que l’on pourrait penser. Beaucoup de particuliers
sont attachés à la notion d’investissement à long terme, bien plus en tout cas que les fonds
de pension qui peuvent vendre un titre du jour au lendemain. Le particulier est donc par
essence un investisseur à long terme. Les sociétés privatisées en sont un parfait exemple. Les
particuliers sont fidèles aux entreprises dans lesquelles ils investissent.

Le problème de l’actionnariat particulier réside dans son manque de poids. Les associations
de “petits porteurs” n’arrivent à avoir que peu de poids face aux investisseurs mondiaux, et les
cas comme Eurotunnel sont bien rares pour que ces derniers puissent avoir un réel pouvoir
dans les entreprises. Le plus souvent, c’est l’actionnaire le plus important qui dicte sa stratégie
à la direction. Les petits porteurs, malgré leur nombre, ne sont pas suffisamment unis pour
véritablement peser.
– Actionnariat financier (fonds de pension) : La bête noire et la cause de nombreux
dysfonctionnements économiques selon certains : les fonds de pension. Mais qu’est-ce-qu’un
fonds de pension ? Il s’agit tout simplement des cotisations de retraite de plusieurs dizaines
de millions de personnes (souvent américains). Au lieu de cotiser chaque année pour payer
la retraite des retraités actuels, les américains cotisent aujourd’hui, pour leur propre retraite
demain. Ces fonds de pension ne sont pas exempts de défauts : les sommes qu’ils manipulent
sont tellement considérables qu’ils peuvent influer sur un titre ou un marché durant plusieurs
années en une seule opération.
Le fond de pension ne se soucie pas des délocalisations. Il pense de façon globale, au niveau
mondial. C’est ce qui est souvent reproché aux fonds de pension : privilégier la rentabilité
court terme à l’emploi ou à la rentabilité à long terme.
– Actionnariat public – l’actionnaire public (État – directement ou via un organisme public -, collectivités locales, pouvoirs publics). L’actionnariat public permet à certains groupes
de se développer sur un marché captif (EDF) et de s’investir sur des technologies que l’espérance de rentabilité à court terme des fonds de pension n’aurait pas permis de développer.
Toutefois, les entreprises publiques ou assimilées affichent un manque cruel de capitalisation
qui à plus ou moins court terme condamnent inévitablement les investissements futurs (objectif
initial).
Voir la vidéo :
https://revenusetdividendes.com/comprendre-trader-en-ligne-trading/

9.4.2 Stratégie de commercialisation

On confie très souvent l’augmentation du Capital aux Sociétés de Gestion de portefeuille.
Pour attirer les investisseurs, les sociétés de gestion mettent en place un réseau de distribution
pour commercialiser leur gamme de fonds.
Leur réseau de distribution est le suivant :
– Les sociétés de gestion sont elles-même distributeur à leur clients divers ;
– Les sociétés de gestion commercialisent souvent leur gamme de fonds directement auprès des
investisseurs institutionnels : les banques, compagnies d’assurance, caisses de retraite,
fonds communs de placement ou SICAV ;
– Distribution via d’autres sociétés de gestion : avec le développement de l’architecture ouverte et des fonds de fonds, il est de plus en plus courant de retrouver dans l’offre des sociétés
de gestion des fonds de sociétés ‘concurrentes ;
– Courtier en ligne : les plates-formes de distribution d’OPCVM en ligne se développent
également. Elles proposent les fonds soit aux particuliers soit aux Conseillers en Gestion de
Patrimoine ;
– Les Conseillers en Gestion de Patrimoine Indépendants : lorsque leur apport est suffisant,
certaines personnes font appel à des conseillers en gestion de patrimoine pour les conseiller sur
leurs investissements. Ceux-ci sont ainsi amenés également à distribuer les fonds des sociétés
de gestion ;
– Les conseillers en gestion de patrimoine indépendants (CGPI) sont très prisés des sociétés de gestion pour la distribution de leurs fonds. Ils s’adressent le plus souvent à des
particuliers aux revenus élevés ;
– Gérants privés, banques privées et Family office : les banques privées s’adressent à des clients fortunés. Les Family offices sont des cabinets qui gèrent le patrimoine d’une famille fortunée uniquement ou de plusieurs familles ;
– Banques à réseau et Assureurs (via les supports d’assurance-vie) : les banques à réseau et les compagnies d’assurances distribuent les OPCVM (organisme de placements collectif en valeurs mobilières) auprès de particuliers aux revenus moyens, leurs clients le plus souvent, via des contrats d’épargne et d’assurance-vie. Des conseillers gèrent le patrimoine de ces clients et les dirigent vers un contrat en fonction de plusieurs critères tels le type d’investissement
(garanti, risqué, équilibré), leur investissement initial, et l’horizon de placement.

3- Stratégie d’appel aux actionnaires et de distribution